Nos vies en chantier
Éboulis : amas lentement constitué de matériaux éboulés.
Et si, l’être se construisait uniquement grâce à la désagrégation de divers éléments ?
Nos vies sont des chantiers permanents, on grandit sur les gravas accumulés par l’existence.
Éboulis tombant sur ma lyre
Font une musique en onde jolie
Espoirs écorchés glissent en lambeaux
Comme des pans entiers de murs écroulés
Ébauche de plans, d’esquisses plissées
Comme des nouveaux nés
Des graines germées
Boutures de fer
Plantées
Éboulis, rocs, poussière, fondement de demain, soudures en colonnes de pierre.
Éboulis crissent en raccord avec les vents, furieux.
De longues clairières, de grège, de diamants
Beaucoup de glaise aussi
Des trésors de craie
Et un souffle permanent
Qui crée des citadelles de grains
Avec la patience de l’équilibriste
La fouge et la rage du déraciné bâtisseur
Éboulis creusent les falaises, secouent les fondements de l’être,
Éboulis plongeant vers des soubassements, secouent les eaux dormantes,
Font des ronds, qui dansent vers des berges inattendues.
Éboulé, roulé boulé de l'écorché tombé pour construire, rebâtir, regrandir.
