Dans le sillage d'un poète: Henri Etienne Dayssol
C'est la clef du bonheur, pour lui, le bruit des vagues, c'est pas juste un soupir, de la musique vague ou des paroles creuses, non, c'est des haïkus ; c'est la mer qui lui parle, dans la nuit silencieuse, à l'oreille doucement et qui lui dit : « Respire, sur toi veille l'étoile, respire et dors beaucoup... » C'est la clef du bonheur, contre l'apitoiement et la raison infirme c'est le matin entendre les oiseaux qui l'affirment et puis c'est tout à coup, pendant que tu divagues toi, triste rimailleur du sombre cul de sac, c'est des oiseaux saisir le message évident et alors sans attendre, pondre des haïkus.
- Henri Etienne Dayssol -
Il était une fois ou deux,
au sombre pays des sornettes,
une fois perdu qui dit mieux,
il était un petit poète.
Il n’était qu’une fois sur deux,
comme le tic de la pendule,
la moitié d’un ôté de deux,
comme le point du point-virgule.
Il était une fois pour toutes,
il était né, faute de mieux,
de bon cœur au berceau du doute,
pour n’être pas maître du jeu.
Il n’était qu’une fois de plus,
là, à se demander pourquoi
des mots d’amour qu’on ne lit plus,
ça rime à qui ? Ça rime à quoi ?
Il était une fois de trop
celui qui ne fait pas d’histoire,
plus haut que l’autre pas un mot,
ni deux fois l’occasion d’y croire.
Il n’était qu’une foi sans dieu,
une croix difficile à vivre,
sans autre loi bonne à ses yeux
que la lumière et de la suivre.
il était une fois la nuit,
au lointain pays de Bohême,
comme une flamme au fond de lui,
il était un petit poème…
- Henri Etienne Dayssol -
Sans devoir faire l’effort de lire
quand le jour cède à la nuit,
sans avoir besoin d’écrire
on vivrait la poésie...
Sourds et muets mais quelle chance
venu le temps de mentir,
on l’apprendrait mais du silence
qui l’enseigne sans mot dire...
On la saurait sans le savoir,
sans lacunes et sans erreurs,
espérant sans faux espoirs,
désespérés mais vainqueurs...
L’encrier serait la lumière
et nos plumes l’ange qui passe
sans un mot, sans toucher terre,
en ne laissant pas de traces,
et on noterait blanc sur blanc
son titre « Il est bon d’y croire »
à la fin du livre noir
de nos tristes faux-semblants...
Après, par-delà l’horizon,
sans plus de rimes ni raison,
on balancerait nos idées,
comme les joueurs lancent leurs dés...
- Henri Etienne Dayssol -
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