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Voyage dans le temps.

par L'écrivain masqué

Un enfant crie dans la nuit. L’angoisse vibre dans sa voix. Il entend des pas, il sent la couverture qui se soulève et une voix qui lui souffle : « Je suis là… ».

Il ouvre les yeux et voit le visage de sa mère adoucit par le halo de la veilleuse. Elle lui sourit, l’embrasse, lui caresse les cheveux. Rassuré, l’enfant se rendort. Sur ses pupilles flotte encore l’image de sa mère souriante.

 

 

Une femme freine brusquement. Son vélo s’immobilise et la roue touche presque la jambe de l’homme qui a surgit entre deux voitures. Il se confond en excuse et lui cède le passage. Ils se séparent sur un sourire.

 

 

Dans un couloir menant aux RER, deux touristes semblent perdus. Ils interpellent une femme, lui désignent du doigt une destination sur un plan de Paris.

« Je suis désolée, je ne parle pas anglais… » Sa tête répète inlassablement un mouvement de négation qui appuie ses propos.

Un homme se mêle à la conversation. «Ils demandent où se trouve le centre Georges Pompidou… »

« Ah ! » La femme se tourne vers le couple et tend la main vers la droite. « Là-bas, il faut prendre cette direction…et ensuite… » elle sort un carnet, y note quelque chose puis leur donne la feuille.

« Ensuite vous prenez cette rue. » Elle désigne un endroit sur le plan. Le couple dodeline en cœur de la tête. Des sourires sont échangés et les touristes s’éloignent. La femme cherche des yeux son traducteur improvisé mais l’homme a disparu.

La femme réintègre le sillon des voyageurs, elle calque son pas sur le rythme soutenu d’une jeune fille en basquet. C’est l’heure de pointe, le couloir bondé est comme une double file de véhicules, une route avec ses codes. Escalator : côté gauche, voie rapide, côté droit, pour ceux qui se laissent porter. Puis, il faut marcher encore, en rythme, se confondre dans le flot, le flux ayant son reflux juste en face comme un effet miroir. La femme attrape son train de justesse.

 

 

La sonnerie d'un téléphone retentit. Un homme décroche.

« Votre rendez-vous de 9h est arrivé. »

« Très bien, merci Françoise ».

L’homme ouvre la porte de la salle d’attente et marque une pause, étonné. La femme quant à elle reconnaît son traducteur improvisé.

« Eh bien, rebonjour. Vous êtes Mademoiselle Chapuis ? »

« Oui, rebonjour. »

Ils se serrent la main, se sourient.

« Suivez-moi je vous prie. ». L’homme entre dans une pièce, invite la jeune femme à s’assoir et prend place derrière son bureau.

« J’ai bien étudié votre CV, je dois dire que votre parcours a attiré mon attention. Néanmoins…une chose m’interpelle à présent…vous avez noté…Anglais : notions… ? ».

La jeune femme rougit, bafouille. Les yeux de l’homme se plissent, ses lèvres s’étirent puis il rit. « Pas d’inquiétude l’anglais ne sera pas un critère décisif !».

La femme sourit à nouveau. L’homme est interloqué, quelque chose semble le perturber. Il baisse les yeux.

La femme en vélo de ce matin, la jeune femme qui lui fait face…

Toutes les deux ont exactement le sourire de sa mère.

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Parisianne 26/03/2014 11:09

Petites choses fugaces qui font les chemins de la vie, sourire maternel à jamais ancré au coeur.
Belle histoire.
Bonne journée
Anne

lécrivainmasqué 26/03/2014 12:53

Merci Anne! Parce que l'on oublie trop souvent l'impact d'un sourire :)

Aimedjee 22/03/2014 22:32

Voilà une bien belle nouvelle pour nous dévoiler que le temps n'est pas linéaire...Fractal hasard !!! ;-)

lécrivainmasqué 24/03/2014 18:26

Merci Aimedjee! ;-)