Plaies
Je fais partie de ceux qui pansent leurs plaies
Barricadé dans le silence et le secret.
En comité restreint, en tête à tête mortuaire,
A mes gorgones je fais l’offrande de mes chairs.
Dans l’antre de leurs bouches, mes maux ulcérés,
En huis clos, sont mâchés broyés éradiqués.
Bonheur et rire se doivent d’être contagieux,
Dans le malheur je suis de ces superstitieux,
Qui rêvent de briser la chaîne, taisent leur peine,
Tentent d’avance d’en neutraliser les graines.
Des sols calcinés doit naître l’espérance.
Mais tuer nos dragons n’est pas sans conséquence,
On porte les relents de blessures guéries
Et le vide meurtri de douleurs englouties.
Et ce vide résonne en écho d’autres vides
Lorsque d’un compagnon la douleur aride
Suinte, aigre, vile, autrement insidieuse,
Rendant toute tentative d’aide infructueuse.
Et les mots qui soulagent se font insaisissables
Ceux qui vous viennent vous semblent abominables
Car l’autre est le seul maître de sa rémission
L’unique à choisir l’heure de sa guérison.
