Par-delà les nuages
A l’ami qui pleure, je n’ai pas de conseil à donner.
Pas de recette pour guérir, pas même pour être soulagé.
Pas de musique pour bercer les douleurs et les peurs,
Pas de couleurs pour noyer les ombres, chasser les idées noires.
J’aimerais pouvoir lui offrir
Un crédit d’amour en consommation illimitée,
Des forêts de mains tendues, des légions d’épaules sur lesquelles s’appuyer,
Un élixir, un baume au cœur, une potion pour effacer le malheur,
Une formule magique qui permettrait de tout régler.
Je n’ai que mon amitié, ma compassion,
Des paroles invisibles, une présence discrète, une inquiétude muette
Qui ne pèsent pas lourd face à la souffrance obscure qui se terre
A ses chancres qui se déploient et gagnent du terrain
Grignotant l’optimisme, la joie de vivre et la force intérieure.
A l’ami qui pleure, je lui demande d’essayer
De rassurer l’enfant effrayé qui se cache en lui, quelque part.
Le prendre par la main et le cajoler
Comme une mère, un père se doit de consoler,
Donner confiance et courage,
Pour laisser passer l’orage.
Affectueusement, éperdument et sans relâche.
A l’ami qui pleure j’aimerais offrir un voyage dans le temps,
Une passerelle vers des jours meilleurs
Une mallette pleine de lendemains qui chantent.
A l’ami qui pleure, je ne peux que donner
L’assurance de me trouver à ses cotés
Affectueusement, éperdument et sans relâche.
