Mégapolis.
Mégapolis, la mégalo,
Dithyrambique excentrique,
Pieuvre élastique !
Les larmes de ton peuple sont rarement dues à de la bombe lacrymo !
En ton sein coule un bain de foule et d’auto,
Privilège que se partagent tes citoyens les plus loyaux.
Impératrice narcissique,
Tes bâtiments se rêvent rutilants :
Du classique,
Du flamboyant,
Des velléités de barocco rococo,
Un soupçon d'art déco,
Du fer et du verre...
Tu règnes, plus maligne que Méphisto,
Sous ta robe d’artificielles lumières !
Quand tes vapeurs affleurent,
Muqueuses et peaux se parent de tous les maux,
Tu distribues au p’tit bonheur
Irritations, inflammations, asthme, allergies et autres joyaux.
Chapeautée d’un nimbe gris,
Tu filtres la lumière dans ton prisme,
Ici tout doit être énergie et profit,
Ici modernisme rime avec individualisme,
Ici l’indolence est un mot choquant.
Tu progresses, tu te déploies, tu cours
Assoiffée d'innovation, de changements,
Tu grignotes les terres qui t’entourent.
Dans tes artères coulent des âmes lessivées,
Compressées par la monotonie des gestes répétés.
Mais malgré ta soif d’être et de paraître,
Dans tes murs toujours renouvelés,
Des espoirs géants ne cessent de naître,
Et tu continues de nous faire rêver.
