Vers au vers.
Qu’est-ce que tu as mon petit cœur,
tu as mal, tu as peur ?
Qu’est-ce que tu as mon petit cœur,
en jachère ou en fleur,
un jour tu seras en bière,
en décomposition,
prêt pour une autre floraison.
Celle, offerte à d’autres vers,
non plus poétiques mais charognards,
des vers qui enfin, s’offriront multiples,
tous dédiés à moi, qui ne sera plus.
Vers au vers, au versant des choses,
ode à la mastication de ces vers
participant à la métamorphose.
Retour à la terre,
endormie au-dessus,
grouillante et foisonnante
en dessous de sa croute.
Qu’est-ce que tu as mon petit cœur,
par à coup, tu toques,
tu tambourines dans ma poitrine.
Aujourd’hui las, demain enjoué,
plein d'une énorme envie de palpiter
à foison,
en déraison,
envers et contre tout.
