Petits plaisirs.
Plonger dans l’onctuosité d’une crème glacée.
Se faire une bouche de braise, étaler en glissant la couche humide d’un rouge à lèvre ardent.
S’étirer en baillant dans un geste de déliement qui s’approprie l’espace.
Embarquer dans les territoires inconnus d’un livre, ne plus vouloir en quitter la rive.
Frôler de la pulpe du doigt le velouté des pétales, de la chair d’une fleur.
S’enivrer des couleurs qui nous hypnotisent. Y replonger sans cesse.
S’absorber dans la contemplation de tous les tableaux qu’offre la fenêtre de nos yeux.
Faire corps avec la musique, danser avec la mélodie, se déhancher pour en scander le rythme.
Tâtonner à la surface des choses, s’aventurer puis fouiller allègrement dans leur face cachée.
Croire qu’il reste encore des mystères à décrire, des langages, des musicalités à inventer.
Oublier que les mots s’évaporent, se mêlent, se perdent dans le brouhaha, le tintamarre des bruits des hommes.
Se croire, pendant le bref instant d’une vie, éternel.
