Horizons.
J’ai déjà parcouru la moitié du chemin, peut-être même plus. Grignoté ma part du gâteau, brûlé mon temps imparti au feu de mes chimères, comme cela, l’air de rien.
Arrive l'heure ou l’insouciance fait place aux constats, aux bilans…
Que de bonheurs envolés, de larmes versées, de rêves évaporés, mais aussi d'obstacles franchis, de coupes gagnées où brillent intensément victoires et défaites, souvenirs noirs et jours de fêtes.
Et la vie qui coule, là, encore, chaude et précieuse. Et l’espoir, fil d’or qui me guide à travers les méandres de cette existence pavée de mécanismes obscurs.
Qu’il est bon de pouvoir se poser, faire une halte, constater l'ampleur de la traversée. Quelles seront les prochaines découvertes, les prochaines rencontres ? Par quels détours, routes escarpées, sauts par-dessus les embûches, faudra-il me perdre pour trouver un trajet agréable jusqu’à destination? A force de marcher, ma boussole s’est affûtée, elle me guide en tentant d’éviter les impasses.
J’arriverai alors riche de tout ce passé accompli, de tous ces maux apaisés, de toutes ces étapes franchies. Je laisserai ce corps, ce véhicule, fidèle mais rebelle comme une vieille guimbarde, je le garerai sur le bas-côté et partirai pour un autre voyage. Un autre saut vers l’inconnu.
La vie coule, aussi puissamment que le courant pousse l’eau des fleuves, la vie coule avec, toujours, cet inexorable besoin d’avancer, quitte à tout faire plier sous son passage.
