Soir.
C’est l’heure où tout est calme, l’air semble figé
Les nuages ont fondu comme de la crème glacée
Certains, récalcitrants, forment des archipels,
Quelques pastels gourmands lèchent encore le ciel.
La lune cache une face parée de bleu
Son autre coté n’en est que plus lumineux.
Sous cet œil de demi-lune tout est tranquille.
Les grillons ont mis une sourdine à leurs trilles.
Des bosquets posent leurs rondeurs sur le sable,
Ils se serrent sagement contre la palissade.
L’herbe, ici verte repue domestiquée,
Court là-bas sèche, sauvage, échevelée.
Le ressac des vagues se met à chuchoter,
Tout tend vers la ligne, l’harmonie éthérée.
Les couleurs, aspirées par un unique désir,
Se dégradent peu à peu, s’unifient puis chavirent
Toutes nimbées de la même tonalité.
En cette heure si calme, la nuit s’est invitée.

