Dérive (partie 2).
Ils ont fait front, parfois côte à côte, parfois comme deux adversaires en désaccord mais mués par cette envie primaire toujours renouvelée d’avancer ensemble. Ils se sont choisis à la vie, à la mort, pour le meilleur et pour le pire et se soutiennent, partenaires, complices, confidents, liés par ce défi qu’ils se sont jeté : « Veux-tu m’épouser ? » « Oui ! ».
Les mots avaient jailli comme un cri du cœur, un mouvement intime, une projection de soi tendue vers l’autre, un don total, un saut d’abnégation.
« Oui ! » Un mot qui scelle deux existences, un contrat pour la vie sonnant comme une conjuration contre le mauvais sort, une assurance tout risque.
Deux êtres s’épousent-ils ? Comme un vêtement épouse un corps, une fusion de deux formes, de deux enveloppes ? Aujourd’hui, leurs corps ne s’épousent plus que la nuit, imbriqués dans une posture nourrie par l’habitude et non plus par le désir.
