Arbres.
Que de bras tendus vers le ciel,
que de prières silencieuses.
Caresse qu’attise le soleil,
longues communions respectueuses.
Compagnons majestueux, arbres,
vos longs essors, vos tiges fines
goulûment et avec ferveur,
explorent l’espace comme vos racines
fouillent la terre et ses saveurs.
Si souvent vêtus de lierre,
vos troncs noueux, vos peaux marbrées,
vos chevelures désordonnées,
cimes insatiablement dressées,
rythment nos routes et nos repères.
Vous nous offrez vos parures,
nous marchons sous vos ramures.
Arbres, géants immobiles,
la Terre, votre talon d’Achille,
doucement panse ses blessures.
Nous, les misérables gardiens
d’un bijou dont nous sommes jaloux,
brûlons, coupons, pillons, creusons,
avec l’acharnement des fous.
