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Articles avec poesie

Tout un poème

par L'écrivain masqué

publié dans Poésie

https://www.youtube.com/watch?v=BepU74BYOtg

 

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Dans le sillage d'un poète: Henri Etienne Dayssol

par L'écrivain masqué

publié dans Extraits , Poésie

Dans le sillage d'un poète:  Henri Etienne Dayssol

 

 

LA CLEF DU BONHEUR

 

C'est la clef du bonheur, pour lui, le bruit des vagues, c'est pas juste un soupir, de la musique vague ou des paroles creuses, non, c'est des haïkus ; c'est la mer qui lui parle, dans la nuit silencieuse, à l'oreille doucement et qui lui dit : « Respire, sur toi veille l'étoile, respire et dors beaucoup... » C'est la clef du bonheur, contre l'apitoiement et la raison infirme c'est le matin entendre les oiseaux qui l'affirment et puis c'est tout à coup, pendant que tu divagues toi, triste rimailleur du sombre cul de sac, c'est des oiseaux saisir le message évident et alors sans attendre, pondre des haïkus.

 

- Henri Etienne Dayssol -

PETIT POEME SANS HISTOIRE

 

Il était une fois ou deux,

au sombre pays des sornettes,

une fois perdu qui dit mieux,

il était un petit poète.

 

Il n’était qu’une fois sur deux,

comme le tic de la pendule,

la moitié d’un ôté de deux,

comme le point du point-virgule.

 

Il était une fois pour toutes,

il était né, faute de mieux,

de bon cœur au berceau du doute,

pour n’être pas maître du jeu.

 

Il n’était qu’une fois de plus,

là, à se demander pourquoi

des mots d’amour qu’on ne lit plus,

ça rime à qui ? Ça rime à quoi ?

 

Il était une fois de trop

celui qui ne fait pas d’histoire,

plus haut que l’autre pas un mot,

ni deux fois l’occasion d’y croire.

 

Il n’était qu’une foi sans dieu,

une croix difficile à vivre,

sans autre loi bonne à ses yeux

que la lumière et de la suivre.

 

il était une fois la nuit,

au lointain pays de Bohême,

comme une flamme au fond de lui,

il était un petit poème…

 

- Henri Etienne Dayssol -

ON VIVRAIT LA POÉSIE

 

Sans devoir faire l’effort de lire

quand le jour cède à la nuit,

sans avoir besoin d’écrire

on vivrait la poésie...

Sourds et muets mais quelle chance

venu le temps de mentir,

on l’apprendrait mais du silence

qui l’enseigne sans mot dire...

On la saurait sans le savoir,

sans lacunes et sans erreurs,

espérant sans faux espoirs,

désespérés mais vainqueurs...

L’encrier serait la lumière

et nos plumes l’ange qui passe

sans un mot, sans toucher terre,

en ne laissant pas de traces,

et on noterait blanc sur blanc

son titre « Il est bon d’y croire »

à la fin du livre noir

de nos tristes faux-semblants...

Après, par-delà l’horizon,

sans plus de rimes ni raison,

on balancerait nos idées,

comme les joueurs lancent leurs dés...

 

- Henri Etienne Dayssol -

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Nos vies en chantier

par L'écrivain masqué

publié dans Poésie , Pensées , Ecriture automatique

Éboulis : amas lentement constitué de matériaux éboulés.

Et si, l’être se construisait uniquement grâce à la désagrégation de divers éléments ?

Nos vies sont des chantiers permanents, on grandit sur les gravas accumulés par l’existence.

 

Éboulis tombant sur ma lyre

Font une musique en onde jolie

Espoirs écorchés glissent en lambeaux

Comme des pans entiers de murs écroulés

Ébauche de plans, d’esquisses plissées

Comme des nouveaux nés

Des graines germées

Boutures de fer

Plantées

 

Éboulis, rocs, poussière, fondement de demain, soudures en colonnes de pierre.

 

Éboulis crissent en raccord avec les vents, furieux.

De longues clairières, de grège, de diamants

Beaucoup de glaise aussi

Des trésors de craie

Et un souffle permanent

Qui crée des citadelles de grains

Avec la patience de l’équilibriste

La fouge et la rage du déraciné bâtisseur

 

Éboulis creusent les falaises, secouent les fondements de l’être,  

Éboulis plongeant vers des soubassements, secouent les eaux dormantes, 

Font des ronds, qui dansent vers des berges inattendues.

Éboulé, roulé boulé de l'écorché tombé pour construire, rebâtir, regrandir.

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Nacre au creux de l'oreille

par L'écrivain masqué

publié dans Ecriture , Peinture , Poésie

Dans le creux d’un coquillage se cachent bien des mirages,

Dans les jeux des enfants sages se déploient des rouleaux de pages

Dans les yeux des coquillages se cachent des pavillons d’oreilles

On s’y poste comme sur une plage, on part à la chasse aux merveilles

 

La mer étend son canevas,

Couvre le sable de dentelle

Le pare d’écume et d’entrelacs

De nacre, d’algues et de ficelles.

 

Lorsqu’elle embrasse la terre

Une trace humide apparaît,

Un goût de sel et de mystère,

En prélude de ses attraits.

 

Kaléidoscope animé,

Magie d’une eau transparente

Habilitée à se parer

De mille lueurs ardentes

 

La fièvre au front des vagues

Décuple le feu de leurs bras

Défiant la vigueur des digues

En une séculaire vendetta

 

Elles touchent les pieds des dunes

Avançant inlassablement

Grâce à l’énergie de la lune

Elles rivalisent avec le vent

 

Chorégraphie renouvelée

Flots ondulant,roulant, sifflant,

Bougez au rythme des marées

Et ravivez nos yeux d’enfants !

 

Eaux infiniment assoiffées

De vie et de démesure

Vagues ivres de liberté

Vos chants grondants, vos murmures,

Savent se faire écouter,

Ouvrir les cœurs les plus durs.

 

Sachez que si l’océan résonne dans le creux des coquillages, c’est parce que l’infini y loge,

déguisé en sédiment il charrie un flot de souvenirs accessibles aux enfants de tout âge.

Ecoutez les coquillages murmurer à vos oreilles, ils se dérouleront comme une longue vue et

vous imaginerez des beautés sans pareilles qui nourriront vos envies d’absolu.

Nacre au creux de l'oreille
Odilon Redon (1840-1916) La coquille 1912 Pastel H. 52 ; L. 57,8 cm

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Passion

par L'écrivain masqué

publié dans Écritures automatiques , Poésie

Qui es-tu toi qui cherches à me sonder sans cesse,

Toi qui m’épies, me défies puis me fuis,

Toi sans qui je n’aurai pas de vie,

Toi qui me blesses, toi qui m’oppresses,

Toi qui m’éveilles dès que je m’affaisse,

Toi qui me tances et me relances,

Toi qui ne me laisses aucun répit,

Toi qui m’hurles qu’il faut que je me redresse

Et que j’arbore les armoiries de ta confrérie.

 

L’esprit est ta famille,

Mais moi, je ne suis pas de la lignée des poètes

Je ne fais que, peut-être,

Aligner des mots pacotilles, vétilles vaudevilles 

Auprès de mes vers qui ne luisent que de guigne.

 

Qui es-tu, toi qui souffle dans ma tête des feuilles volantes d’images qui sont autant de soucoupes qui se brisent à la réalité des mots durs. Mots qui sont comme des écorchures,  auxquelles je m’accroche, dont la peau s’épluche et laisse s’échapper l’air doucereux du vide.

Qui es-tu toi qui tiens ma main, toi qui filtres le soleil dans les mots, qui lis pour moi un texte imprimé dans les circuits de mon âme et laisses se dévider d’automatiques paroles qui papillonnent comme d’inépuisables insectes.

Qui es-tu toi qui étales devant moi des mélodies imagées ravagées de troublants mirages et de magiques vociférations. Toi qui roules, grondes en sourdine, rumeur musique litanie qui monte et se joue de moi, toi qui t’enroules et pares ton essence de l’évanescence des parfums les plus insaisissables.

Lorsque je capitule et me résigne à vivre loin de toi, tes injonctions se font images muettes dont la beauté appelle les mots.

D’où viens-tu voix intérieure qui trop souvent me fuit ?

Longtemps durant tes silences chaque mot est une sentence où pèse l’accablante réalité de mon labeur.

 

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