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Inspiré du texte de Paul Fournel : C’est un métier d’homme.

par L'écrivain masqué

Mon métier consiste à détruire une certaine réalité et à la refaçonner. La façonner au plus loin de ce qu’elle est réellement. C’est un métier d’homme. D’abord parce que lorsque la réalité ne lui convient pas soit l’homme ferme les yeux, soit il a envie de la transformer, ensuite parce que la réalité est rarement à la hauteur des rêves des hommes.

Un métier humain.

Je suis un rêveur.

Il y a eu Martin Luther King, il y a eu Gandhi, il y a eu Nelson Mandela, il y a eu aussi Gutenberg, Léonard de Vinci, Albert Einstein. Il y en a tant d’autres et il y a moi. Je serai cette année une fois de plus la tête couronnée d’étoiles, les pensées et les neurones au plus proche du firmament.

Je suis l’homme qui a le moins les pieds sur terre et pourtant le plus lucide, le plus sensible aux réalités de ce monde et mon travail consiste à refaire le monde dans ma tête et chercher comment donner vie à mes idées, à tenter de rendre possible l’inexistant.

Tous les grands rêveurs fabriquent du réel. Ils participent à concrétiser l’impensable.

Tout changement radical, toute transformation, toute invention a pour point de départ un rêve, la projection d’une idée imaginée et développée par un rêveur. Savants, scientifiques, chercheurs, penseurs, grands leadeurs politiques, artistes, créateurs, inventeurs nous sommes avant tout des rêveurs.

Rêver c’est d’abord penser autrement, de façon à désacraliser le conformisme et secouer l’ordre établit. Débarrasser les consciences du poids des acquis, les entrainer au-delà. Semer une graine qui poussera au pied des murs dont les racines se fortifieront jusqu’à en ébranler les fondations.

Rêver si fort que votre rêve sera bientôt le quotidien de toute une génération et le point de départ d’autres rêveurs. Imaginer les rêves les plus fous, les extirper de l’abstraction de votre cerveau, chercher les moyens de les concrétiser.

Dans une vie de rêveur il faut se considérer comme un participant à une course de relai. Mes rêves sont les témoins d’une vie, le bâton transmit à celui qui m’attend, déjà posté prêt à bondir pour continuer la course. Une passation pour que l’idée, le rêve grossisse, évolue.

Il y a ceux qui rêvent d’un monde meilleur, un monde d’égalité, de respect et d’harmonie. Il y a ceux qui rêvent de création, de découverte ou de progrès et il y moi.

Etre un rêveur est un état qui exige beaucoup de discipline. Il faut faire perpétuellement le grand écart entre le rêve et la réalité. Je rêve à temps complet. D’un point de vue extérieur nombreux sont ceux qui pensent que je rêvasse. Et ils ont raison, je dénoue le fil de mes idées, je mets en place d’hypothétiques plans d’actions, je construis les projets les plus fous et une liste d’inventions à breveter.

J’ai en tête une foule de tableaux à peindre, de romans à écrire, de scénarii à proposer, de programmes politiques à présenter. Je me rêve réalisateur, architecte, astronome, médecin, archéologue, diplomate…Il y aura bien un jour où l’un de mes rêves prendra vie car je me sens de la trempe des plus grands.

 

Et puis il y a le moment qui arrive forcement dans une vie de rêveur. Le repos du rêveur, un repos forcé.

Celui où votre patron vous appelle et vous invite rageusement à venir illico dans son bureau. Vous arrivez tête basse, l’œil penaud. Et là vous recevez stoïque en pleine face les réprimandes pour un dossier qui n’a pas été traité à temps parce qu’une fois de plus vous vous êtes planté sur les dates.

Et là, vous n’avez plus qu’un rêve. Un rêve de poing sur la gueule, un rêve de quatre vérités clamées bien fort, un rêve de porte qui claque, un rêve de tête haute et de lueurs admiratives dans les yeux des collègues, un rêve de départ sous une salve d’applaudissement.

Un rêve d’homme fort, un rêve d’homme libre.

Et vous dépassez alors le stade du rêveur professionnel pour passer à l’action : vous transformez votre rêve en réalité.

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