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Extrait.

par L'écrivain masqué

publié dans Rainer-Maria Rilke , Extrait

Rainer-Maria Rilke, Lettres à un jeune poète.

« Essayer de dire comme si vous étiez le premier homme, ce que vous voyez, ce que vous vivez, aimez, perdez. (…) Fuyez les grands sujets pour ceux que votre quotidien vous offre. Dites vos tristesses et vos désirs, les pensées qui vous viennent, votre foi en une beauté. Dites tout cela avec une sincérité intime, tranquille et humble. Utilisez pour vous exprimer les choses qui vous entourent, les images de vos songes, les objets de vos souvenirs. Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ses richesses. Pour le créateur rien n’est pauvre, il n’est pas de lieux pauvres, indifférents. Même si vous étiez dans une prison, dont les murs étoufferaient tous les bruits du monde, ne vous resterait-il pas toujours votre enfance, cette précieuse, cette royale richesse, ce trésor des souvenirs ? Tournez là votre esprit. Tentez de remettre à flot de ce vaste passé les impressions coulées. (…) Et si de ce retour en vous-même, de cette plongée dans votre monde, des vers vous viennent, alors vous ne songerez pas à demander si ces vers sont bons. (…) Une œuvre d’art est bonne quand elle est née d’une nécessité. »

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pikkendorff 06/04/2014 10:11

Précisons pour les lecteurs que cette lettre datée du 17 Février 1903 est adressée au jeune poète Franz Xaver Kappus.
Je vais profiter de votre billet pour republier cette lettre.
Pikkendorff

Lécrivainmasqué 07/04/2014 08:54

Merci Pikkendorff pour cette précision.
Au plaisir de retrouver cet extrait en bonne compagnie, auprès de vos excellents billets.

lécrivainmasqué 31/03/2014 18:35

Et la tâche est grande pour ceux qui s'y attellent, sans parler de tous ces écrits à découvrir!
A bientôt Gwenangel :)


Victor Hugo. Les contemplations.

Heureux l'homme, occupé de l'éternel destin,
Qui, tel qu'un voyageur qui part de grand matin,
Se réveille, l'esprit rempli de rêverie,
Et, dès l'aube du jour, se met à lire et prie !
A mesure qu'il lit, le jour vient lentement
Et se fait dans son âme ainsi qu'au firmament.
Il voit distinctement, à cette clarté blême,
Des choses dans sa chambre et d'autres en lui-même ;
Tout dort dans la maison; il est seul, il le croit ;
Et, cependant, fermant leur bouche de leur doigt,
Derrière lui, tandis que l'extase l'enivre,
Les anges souriants se penchent sur son livre.

Gwenangel 31/03/2014 18:44

ah bon dieu.... Victor Hugo, moi, j'adore :-)))

excellent !

très bonne soirée, à vous, petit Poète (H ou F)

Gwenangel 31/03/2014 11:58

"Utilisez pour vous exprimer les choses qui vous entourent, les images de vos songes, les objets de vos souvenirs"
"Pour le créateur rien n’est pauvre" ...

ahhhh je souscris totalement à ce beau texte... précepte que mon humble personne applique :-D