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SDF du travail.

par L'écrivain masqué

Lui, c’est un SDF du travail. Avec son baluchon de compétences, il se trace une route remplie d’incertitude. Pas toujours facile aujourd’hui de slalomer sur des chemins professionnels hasardeux parmi les travers des entreprises.

Ici les employés sont comme du citron pressé, on se meut avec un arrière-goût amer coincé dans la gorge. Là c’est la dépression qui pointe à l’horizon malgré ou à cause de toutes ces années de bons et loyaux services. Pas facile de faire rimer productivité et bien-être des salariés.

Il découvre des lieux où l’on vit dangereusement, des salariés sur sièges éjectables, des endroits feutrés où l’on joue aux chaises musicales. Quel que soit l’endroit, il y a toujours un perdant, généralement du côté des employés semi consentants.

Ça sent souvent le roussi, et lui, il trace sa route, escargot dont on peut suivre le parcours en pistant le dépôt de bave, et oui, c’est que, comme tant d’autre, il en bave. Mais il se dit que c’est comme pour tout : l’environnement et les conditions de travail c’est comme pour le lycra, il suffit de déterminer quel est notre denier, notre seuil de résistance, d’élasticité et de tâcher de ne pas aller au-delà pour ne pas craquer. Tout élastique se détend certes à l’usage mais, malheureusement, les employeurs ont trop tendance à tirer sur la corde.

Dernièrement quelqu’un lui a dit : « J’envie ta liberté… ». Il lui semble pourtant que chacun choisit les murs de sa « prison ». Pour certains c’est la peur de l’ailleurs, de l’inconnu, pour d’autres celle de prendre des risques ou de perdre des avantages ou un équilibre ou même un statut chèrement acquis. Ou encore la peur ou l’incapacité de dire à l’autre qu’il est en train de vous marcher sur le pied et que vous n’êtes pas d’accord.

Et ces spectres menaçants qui bouchent l’horizon : chômage, crise économique, licenciement…

Et ces recruteurs qui limitent la prise de risque en cherchant le mouton à cinq pattes…

Pour sa part, il fait le choix de faire rimer travail avec découvertes, apprentissages, échanges…et il croise la route de personnes formidables. Il y a certes des individus aux attitudes déplorables qui enveniment les rapports humains, les pourris, les arrivistes, les petits faiblards qui font de l’abus de pouvoir…mais il y a aussi, et heureusement, tous les autres. Certains passionnés, certaines personnes profondément humaines et généreuses, de celles qui aiment le partage et le don, de celles qui offrent de leur temps et de leur énergie pour aider les autres, améliorer le quotidien des autres, avec chaleur, avec des sourires et de la bienveillance à profusion.

Et c’est un véritable bain de jouvence de croiser la route de ces personnes-là. Cela donne des moments de rencontre véritable, de brefs instants fugaces où notre part d’humanité se réveille et s’élève. Et c’est ce diapason-là, cet accord parfait là, ces belles rencontres qui font qu’il pousse son baluchon plus loin, encore et encore, avec foi en ces bonnes surprises de la vie.

Lui, c’est un chômeur parmi tant d’autres. Un chômeur que l’on préfère nommer « chercheur d’emploi » parce que cela est devenu aussi périlleux et laborieux que de chercher de l’or.

Avec l’image de valeureux aventurier en moins, cela va sans dire. Quoi que…

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Valérie 12/02/2014 19:36

C'est presque moi ça ! ;-)