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Passe ton chemin Marchand de rêve.

par L'écrivain masqué

Passe ton chemin Marchand de rêve.

Agent fédérateur de leurre en tout genre. Enrôlé dans les brigades accélératrices de la chute du genre humain. Stockeur d’âmes en perdition. Amateur de béni-oui-oui, moutons de notre génération. Formateur d’êtres formatés dans le non-être où le bien-être passe par le paraître.

Je conçois qu’il devient de plus en plus difficile de te dire non, facilitant de prime abord la consommation, faisant miroiter la possibilité d’accéder à certains biens, se dire que l’on fait partie des  privilégiés qui peuvent tout s’offrir, y’a qu’à faire un prêt. Le prêt est un baume au cœur, un pansement pour l’égo, un alcool fort qui met un bâillon à la sordide réalité.

Le bienséant devient un m’as-tu vu béant où afficher des signes extérieurs de richesse permet de montrer patte blanche.

 

Ou alors on peut aussi se lover dans le moule et faire des ronds de jambe devant les décideurs de ce bas monde, exécuter la danse des guignols. Pour cela pas besoin de prendre des cours, il n’y a qu’à regarder autour de soi, où retourner sa veste est devenu un sport d’équipe, sport international bientôt représenté aux jeux Olympiques.

 

Dans quel monde étrange vivons-nous ?

Où,  pour avoir la chance d’être embaucher,  il faut passer obligatoirement par ce qui jadis était indigne : se faire pistonner.

Où avoir les dents longues à en rayer le parquet permet de se tracer des ornières vers la réussite.

 

Sordide réalité aux valeurs faussées !

 

Celui qui ne fait pas appel à son réseau est taxé d’incapable, celui qui peut compter ses amis sur le bout des doigts sur les réseaux sociaux est un  asocial. Celui qui ne donne pas son opinion à tout va sur tout et n’importe quoi  est un idiot.

La société part à la dérive mais il paraît qu’il ne faut pas s’en inquiéter. Everything is under control.

Parfois je me dis qu’il vaudrait mieux fermer les yeux et se laisser contaminer par ce virus. Se convertir à la connerie, y plonger, tête la première, et se laisser porter par l’illusion qu’être creux, vide à l’intérieur, est le secret du bonheur.

Puis, la sensation de tomber me réveille, en sursaut, comme dans ces premiers moments du sommeil où un mouvement de bascule intérieur déclenche le brusque réflexe de nous raccrocher.

Passes donc ton chemin Marchand de rêve.

Pour moi le rêve, le vrai, ne se marchande pas. Il n’a pas de valeur mercantile mais reste une des rares choses encore gratuite.

Avec l’espoir.

 

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